6
May
2016
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Devant l’inconnu

Lorsque je pense à ma décision de m’inscrire à l’université à temps plein, il m’arrive d’avoir le vertige. Je suis catapultée momentanément dans le rôle de mon copain, de mes amies ou de ma famille qui me voient faire ce grand pas en arrière et je me récite tous les jugements possibles et inimaginables.

«Mais tu es une bonne graphiste, pourquoi changer?» «Qu’est-ce qui te dis que tu va aimer ça, la psychologie?» «Est-ce que tu va changer d’idée dans 5 ans?»«Ça va couter cher, comment est-ce que vous allez vivre?»

Un grand creux se forme au fond de mon estomac et ma vision ne semble pas suivre exactement le mouvement de ma tête. Je suis engouffrée dans une bouffée de chaleur, mes mains deviennent moites et mon rythme cardiaque accélère. Ahhhh.

Bien sûr personne ne m’a jamais dit ce genre de choses. En fait les commentaires ont été principalement positifs et encourageants, ce qui m’a surpris. Ce n’est que ma petite voix intérieure qui s’emballe. La voix de cette petite fille qui pensait avoir une carrière, fonder une famille et avoir beaucoup d’argent en étant le parfait modèle de réussite.

Entreprendre de changer de chemin dans la vie alors que celui que je suis en ce moment est déjà bien entamé est tout un défi. Comme tout le monde, mon relfexe premier est de rester dans ma zone de confort, dans le domaine du connu. Retourner aux études, c’est brasser les dés à nouveau et ne pas savoir où ils vont tomber.

Alors pourquoi me donner tout ce trouble? Parce que malgré ces moments de panique, le doute, les défis financiers à venir et l’inconnu qui se dresse devant moi, il y a une petite voix en mon fort intérieur qui crie victoire et qui sautille de joie à l’idée d’aller étudier la psychologie. C’est une petite voix qui se dit: «ENFIN! OUI!». C’est ma Hermione intérieure qui a hâte de se plonger dans des montagnes de bouquins pour apprendre tous les recoins de la psychologie humaine. C’est le vide entre mon ignorance et mon envie d’aider les autres qui est en train de se combler.

Le chemin ne sera pas facile, mais le temps va passer que je choisisse d’emprunter cette voie ou une autre. Dans 7 ans, je préfères regarder en arrière et être fière de mon parcours, que de me demander où j’en serai si seulement j’avais osé.