12
Aug
2016
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La réflexion dans le miroir

Pour faire suite à l’article de la semaine passée sur la compassion qu’on se doit de se donner, j’avais envie d’écrire plus longuement sur apprendre à aimer son corps avec tous ses défauts et ses imperfections. C’est un sujet qui est de plus en plus abordé mais, à part se faire dire qu’il faut s’aimer telle qu’on est, on ne donne pas beaucoup de trucs pour y arriver. Voici donc les trucs qui m’ont aidé à y arriver!

Bouffi

Tout d’abord, un peu d’histoire pour vous mettre en contexte. Je suis plutôt grande (5’7″) et j’ai atteint cette taille assez tôt. J’ai de très grands pieds (entre 10 et 11!) et au secondaire je pesais 180 lbs. J’avais les cours d’éducation physique en horreur et j’ai toujours eu un grand amour pour le chocolat et le dessert de façon générale. Lorsque j’étais jeune, mes parents me trouvaient souvent devant le garde-manger et mon surnom était Bouffi. En comparaison, ma soeur ne fait que 5’4″ et au secondaire elle faisait 90 lbs, la moitié de mon poids.

Il va sans dire que je ne me trouvais pas particulièrement jolie et j’ai l’habitude de manger mes émotions… mauvaise combinaison. Je regardais les images diffusées dans les médias et je pensais que tout le monde pouvais arriver à ce résultat, que ce n’était qu’une question de volonté. J’ai donc expérimenté abondamment avec les diètes yoyo, finissant toujours par me bourrer la face dans toutes les grignotines du placard par vengeance contre l’interdiction de manger certains aliments.

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L’art

Au Cégep, j’ai étudié l’histoire de l’art et j’ai fait du modèle vivant. J’ai été exposée à des corps différents et surtout à des standards de beauté différents. J’ai appris à aimer le corps humain, les plis, les rides et tout le reste qui expriment l’émotion, le vécu, le mouvement. Toutes les femmes des peintures de la renaissance sont un peu rondes et moles. La comparaison n’est venue que plus tard, mais je considère que mon corps à ce genre de beauté plus classique.

La photo

Puis, j’ai trouvé le Nu Project, un recueil de photos de femmes de toutes les tailles, couleurs et formes, dans toute leur simplicité. J’ai passé de nombreuses heures à regarder ces photos parce qu’elles sont toutes magnifiques. Chacune de ces femmes est resplendissante. Je commençais enfin à comprendre qu’il n’y a pas un seul modèle de corps.

Le regard de l’autre

Une grande partie de mon cheminement personnel sur le sujet a été de trouver un copain qui m’aime entièrement pour tout ce que je suis et qui me trouve belle, sincèrement. L’entendre de la bouche de quelqu’un en qui on a confiance, ça fait toute la différence. Si vous n’avez pas encore rencontré quelqu’un de spécial dans votre vie, trouvez vous au moins des amies pour vous encourager les unes les autres! On peut arriver à s’aimer sans l’aide des autres, mais lorsqu’on est bombardés d’images contraires, ça fait du bien d’avoir l’approbation d’autres personnes de la société.

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Abandonner la balance

Un jour, j’ai vu passer cette image, sur le web. 154 lbs, c’est le poids moyen que je fais dans ma vie adulte. C’est mon poids santé. Je ne me suis jamais sentie mince, parce que 154 lbs, ce n’est pas 130 lbs. Pourtant, 154 lbs, c’est un poids sain pour moi et je ne le voyais pas avant de tomber sur cette image. Pour moi, 154 lbs, c’était “gros”, mais qui pourrait dire que la dame à la droite est grosse? En fait, je ne trouve pas qu’aucune de ces femmes n’est grosse. Et ça, c’était nouveau pour moi.

Puis, j’ai vu passer une autre image qui montrait le cheminement d’une même personne de 145 lbs, à 122 puis de retour à un 140 lbs de muscles. C’est ce qui m’a définitivement fait abandoner la balance.

Le sport

Finalement, et ce depuis le mois de juillet, j’ai commencé à m’entraîner. Vous vous rappellerez qu’au début de l’article je disais haïr les cours d’éducation physique, mais j’ai découvert le yoga il y a quelques années. Depuis juillet, je suis un programme de 5 jours de yoga musculaire par semaine. Je n’ai pas perdu une seule livre, mais je suis plus forte, plus flexible et moins molle. Je ne me suis jamais sentie aussi bien dans mon corps et c’est parce que je vois son potentiel. Je vois sa force. Au lieu de n’être que la capsule de mon esprit, je trouve enfin son utilité.

Alors voilà comment j’ai réussi à conquérir ma faible estime personnelle. Je pense que cela est un bon exemple de l’importance de la diversité des représentations dans les médias. Et vous? Où en êtes-vous sur le chemin de l’amour de soi?

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