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Aug
2016
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L’équilibre entre compassion et complaisance

En réponse aux pressions de la société pour être parfaits, il y a une vague de compassion qui s’amène dans mon réseau. Je vois beaucoup de gens, de femmes surtout, qui s’encouragent les unes les autres à prendre du temps pour prendre soin d’elles-même, à se laisser vivre, à être imparfaites. Je pense que c’est très rafraichissant et bénéfique de voir ce genre de discours prendre plus de place. Le mouvement de body positivity fait également partie de cette tendance. On dirait qu’on se réveille enfin pour réaliser que personne ne peut se mesurer aux personnages créés de toutes pièces dans les films ou aux photos retouchées sur les publicités. La tendance se trouve également en affaires où des évènements comme le fail camp sont super populaires. On vit un épuisement collectif du paraître. Quel bonheur!

Mais est-ce que la compassion peut nous mener à la complaisance? Au fond, si on accepte que les gens ne soient pas parfaits, ils n’auront pas la motivation de faire mieux, non?

Dites-moi, combien de fois avez-vous vu de la compassion être plus néfaste qu’un jugement ou un commentaire moqueur? Et, au contraire, combien de fois un commentaire négatif vous a-t-il fait sombrer plus bas que vous ne l’étiez déjà? Je ne trouve sincèrement pas beaucoup de scénarios où le bon choix à faire est de rabaisser quelqu’un. Même un commentaire constructif peut se formuler avec compassion.

Si on a un plan et qu’on fait de notre mieux, la compassion peut nous aider à repérer nos limites et se donner un peu de répit. Par exemple, c’est normal qu’une maman n’arrive pas à tout gérer en même temps, ce n’est pas grave si la personne anxieuse n’a pas réussi à répondre au téléphone, la personne qui surveille son poids et qui a mangé un morceau de gâteau n’est pas la pire personne au monde qui a tout gâché. Ne pas avoir de compassion envers soi-même mène au burn-out, aux problèmes d’estime de soi et parfois à bien pire.

Par contre, utiliser la compassion comme excuse pour ne pas faire d’efforts c’est une pente qui glisse dangereusement vers la complaisance. Sans efforts, il n’y a pas de réussite. Si on essaye, c’est normal de tomber, de se relever, et même d’échouer. Et toutes ces situations méritent de la compassion envers nous-même. Lorsqu’on abandonne sans même essayer, il faut se questionner sur nos intentions.

Si vous pensez que quelqu’un ne mérite pas de compassion, au moins ne le rabaissez pas plus, passez simplement votre chemin! Nous sommes tous humains et si vous n’arrivez pas à comprendre l’autre, ça n’en fait pas moins un humain tout comme vous.